Skills · Construire le raisonnement · Fiche 02
La storyline avant les slides.
Dans cette fiche
Glossaire express
IObjectif
Décider l'histoire avant de produire les slides.
Un deck épais est souvent un document où personne n'a tranché.
Quand la partie II contredit la partie IV, ce n'est pas un problème de mise en page. Trois personnes ont produit trois blocs dans trois logiques différentes, et la synthèse ajoutée en ouverture ne répare rien.
Cette fiche sert à obtenir une décision éditoriale avant la production : ce que le document doit dire, dans quel ordre, et ce que la salle doit pouvoir faire après l'avoir lu.
IIPrincipe
La storyline est une spécification, pas une intention.
On présente souvent la storyline comme une étape de plus, réservée aux missions où il reste du temps. C'est le meilleur rapport entre l'effort et l'impact de toute la chaîne de production, et l'inverse est mécanique.
Chaque itération de fond qui n'a pas eu lieu sur la storyline se paie en itération de forme sur le deck. Refaire une phrase coûte une minute, refaire une slide coûte une heure, refaire un deck coûte une nuit.
Un sommaire liste des sections. Une storyline rédige des messages.
Cinq réponses avant la première ligne.
Un bullet, un titre de slide, une slide.
Chaque sous-point porte une idée, glosée.
L'histoire est acceptée avant la production.
Le travail se répartit sans repasser par l'auteur.
IIIApproche
Quatre gestes, dans cet ordre.
La séquence tient en une heure pour un deck courant. Elle échoue surtout quand on saute le premier geste, parce que l'on croit déjà voir le document final.
Cadre avec les cinq questions.
Pourquoi ce document existe, ce qu'il doit faire passer, qui le lit, qui produit et dans quel format, et pour quand. Cinq réponses, et la moitié des débats de fond sont déjà tranchés.
Écris des phrases, pas des rubriques.
Un bullet égale un titre de slide égale une slide, et le titre est rédigé, sujet, verbe, complément. « Contexte » n'est pas un titre.
Nomme et glose chaque sous-point.
Chaque concept cité est nommé et expliqué dans une parenthèse. La storyline devient une spécification, pas une intention.
Fais valider avant de produire.
Elle se montre quand elle tient debout seule et couvre toute la présentation. Une fois validée, elle devient l'outil de répartition du travail.
Nourris-la après chaque point.
Les questions ouvertes et les sujets en cours restent visibles. C'est le document d'alignement de l'équipe, pas le brouillon privé du lead.
STORYLINE, [deck], [date]
CADRAGE : pourquoi / quoi / pour qui / comment / pour quand
I. [Titre de slide rédigé en phrase complète]
- Key message : concept (= glose en une ligne)
II. [Titre suivant, qui continue l'histoire] IVWatch-outs
Les signaux d'une storyline écrite pour la forme.
Chacun de ces signaux annonce la même suite : les décisions de fond se prendront pendant la production, au pire moment et au pire prix.
Bon signal
- Les titres se lisent à la suite et racontent une histoire.
- Les concepts sont nommés et expliqués en une ligne.
- La validation précède la première slide produite.
Alerte
- Des titres sans contenu : contexte, analyse, prochaines étapes.
- Une charpente très structurée, mais rien à dire.
- Une hiérarchie partie / sous-partie que personne ne sait lire.
VInsight
Celui qui écrit la storyline décide de l'histoire. Les autres produisent des slides.
Le document « en plus » est celui qui fait passer de producteur à architecte.
VIProof of Work
Écris la storyline complète avant d'ouvrir l'outil de présentation.
Le test se fait sur un vrai deck, pas sur un exercice. L'objectif est de rendre l'histoire contestable avant qu'une seule slide n'existe.
« OK sur cette histoire ? » Rien d'autre, et surtout pas une demande de validation de forme.
- Cadrage
- Les cinq réponses, écrites, en haut du document.
- Titres rédigés
- Un par slide prévue, en phrase complète.
- Questions ouvertes
- Ce qui n'est pas tranché, marqué comme tel.
- Accord daté
- Qui a validé l'histoire, et quand.